Blog de recherche et légitimité

La question de la légitimité se pose en effet dans le cas des blogs de recherche. Mais elle rejoint ainsi selon moi la problématique plus générale dans laquelle se situe Sara Lloyd, à savoir celle de l’utilité de l’éditeur.

Comme l’a très justement fait remarquer Paula dans le blog http://kindlesurprise.wordpress.com, Sara Lloyd est elle-même dans une position de recherche de légitimité auprès de ses collègues éditeurs non numériques, d’où un discours autoritaire et prophétique. Il est certain que la démultiplication des documents publiés sur le Web pose directement la question du rôle de l’éditeur, qui est justement de permettre à un texte d’accéder à la publication. Dès lors que tout un chacun peut s’improviser éditeur ou s’auto-éditer, que devient l’éditeur ?

L’éditeur, c’est celui qui donne son aval, son approbation, et donc qui vérifie (c’est-à-dire qui pose comme vrai) un texte. Bien sûr, les dérives de ce pouvoir de rendre public sont innombrables : en choisissant ce qui peut être rendu public, il s’agit ni plus ni moins d’imposer son opinion. C’est sans doute en partie en réaction à ce pouvoir (arbitraire dans la mesure où il n’est détenu que par quelques uns) que d’aucuns voient dans le document numérique l’accès à une nouvelle démocratie, du moins à une égalité devant la diffusion de la culture. Mais, soyons honnêtes : qui lit les billets de blogs, si ce n’est les initiés, qui font partie d’un même groupe ?

La question se pose de la même manière pour les éditeurs numériques : comment acquérir une légitimité quant aux contenus proposés ? Le livre personnalisé ne serait-il pas une première réponse (en espérant qu’il y en ait d’autres) ? (voir le site www.monroman.com)

Une Réponse à “Blog de recherche et légitimité”

  1. A cette remarque sur la fonction de l’éditeur et ce que pourrait entraîner sa disparition par l’avènement du numérique (prolifération de textes qui s’auto-légitiment), j’ajouterai que le mot “publier” peut également recouvrir le sesn de faire la publicité. En effet, par analogie aux labels de musique, on constate que les auto-productions (voir les publications musicales online uniquement, type myspace) atteignent un public largement moindre que les productions issues de labels reconnus. Il apparaît en cela que la caution de l’éditeur conduit à la reconnaissance publique du texte, reconnaissance qui aurait tendance à disparaître avec l’auto-publication.

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