Trêve de plaisanterie!(monroman.com, suite et fin)

Posté dans laboratoire, publication avec des tags , le 14 décembre 2008 par florence84

Oui, car il s’agit bien d’une plaisanterie ce site, un amusement, un divertissement… mais peut-on appeler cela de l’édition? Les éditions Comedia (qui hébergent le site de monroman.com) ne semblent pas se poser la question. Elles se disent “maison d’édition atypique” et parlent, à propos de ces livres personnalisés, de “littérature interactive” (rien que ça). Elles reprennent également l’appellation “catalogue” pour parler de la liste des 8 scénarios de romans. Les éditions Comedia, ce ne sont pas seulement des livres personnalisés (appelés “romans grand public”) mais aussi des romans d’entreprise dans lesquels “un auteur imagine un roman à partir des données fournies par l’entreprise et dans lequel s’inséreront les caractéristiques personnalisées de ses cibles.” Enfin, Comédia “propose également à tous les écrivains d’éditer leurs écrits afin qu’ils puissent les conserver ou les offrir.” Il s’agit, pour résumer, de l’impression à la demande ou encore de l’édition à compte d’auteur (ce que Comédia appelle “autoéditions”).

Peut-on vraiment qualifier cette démarche d’éditoriale? Quel choix fait l’éditeur dans tout ça? (à part faire écrire par des sous-nègres totalement anonymes des romans standards personnalisables) Où est passé l’auteur? Où est passée la ligne éditoriale?

Si l’on reprend le manifeste de Sara Lloyd, on retrouve effectivement cette notion d’interactivité et de participation du lecteur mais pas dans l’idée d’une création, seulement dans celle d’une personnnalisation d’un produit purement commercial et profondément personnel. Si interactivité il y a, elle n’existe qu’entre l’acheteur et le produit, elle est donc fortement limitée et bien éloignée d’une communauté de pensées, ferment d’une forme d’intelligence collective (utopie à laquelle je n’adhère pas vraiment) telle qu’elle est aujourd’hui rêvée par beaucoup de gens. Et d’interactivité entre (lecteurs) consommateurs, aucune.

Pour moi, ce site ne propose aucune solution pour l’éditeur. Au contraire, il ne fait que le réduire à un rôle de producteur de loisir (que l’interface très commerciale du site reflète parfaitement) qui utilise comme un gadget les possibilités offertes par Internet et l’informatique (puisqu’il s’agit d’un robot qui intègre les données au roman). Evacuée la question de l’auteur, quant à celle de la littérature…

En bref, monroman.com c’est l’écueil que doivent éviter les éditeurs s’il ne veulent pas voir leur fonction et leur rôle disparaître. Mais quels sont-ils ces fonctions et ces rôles. Comment définir l’éditeur?
Je laisse la question en suspens pour ceux qui voudraient intervenir ici…

Expérimentons…

Posté dans laboratoire avec des tags , le 14 décembre 2008 par florence84

Première phase du divertissement: choix du scénario dans le catalogue

scenarios_possibles1

J’opte pour un roman noir qui s’intitulera Blanc comme neige, dont l’”alléchant” descriptif est le suivant: “Tout a commencé par un simple coup de téléphone ! A 4 heures du matin et anonyme, bien sûr ! Un détraqué vient de vous inscrire sur sa liste noire. Quand vous réalisez enfin ce qui vous arrive, il est déjà trop tard. Il ne vous reste plus que 7 jours à vivre… Et le temps tourne à la neige.

Pour mieux me convaincre, on me montre la couverture et en quoi elle est personnalisable

couverture1

Et on me donne à lire un extrait du livre ainsi qu’une fiche technique qui récapitule les éléments personnalisables dont les personnages, l’intensité des scènes noires, la présence ou non (et le degré) des scènes sexuelles, etc.:

fiche_technique

Après cette première décision cruciale pour la suite des événements (n’aurais-je pas mieux fait de me mettre en scène dans un roman sentimentale?!), vient la phase amusante puis très vite quelque peu fastidieuse d’enregistrement des données personnelles ou seulement personnalisées (si on préfère s’inventer une autre vie à travers le personnage du roman). Couleur de cheveux, caractère, manies, âge, préférences sexuelles, lieux, etc., etc.

Monroman.com

Posté dans laboratoire, publication avec des tags le 9 décembre 2008 par florence84

monroman_page_accueilIl est temps de nous pencher sur nos sites de travail et d’aller voir d’un peu plus près certaines propositions faites sur Internet comme celle de monroman.com. Je vais pour la première fois sur ce site et je découvre de quoi il s’agit: des romans personnalisés que n’importe quel internaute peut faire faire à partir d’une structure de base (un genre, une intrigue) à laquelle il ajoute des données personnelles qui seront intégrées à l’histoire. Une fois les données enregistrées et intégrées au récit de base, le roman est imprimé (comme un vrai livre!) et envoyé à l’utilisateur. Je trouve l’idée amusante, je me prends au jeu et je m’inscris pour voir en détail comment fonctionne la personnalisation du roman. S’ensuit un très long questionnaire sur les données personnelles du personnage principal, son caractère, son âge, son sexe…les personnages secondaires, les lieux, etc. Je ne vais pas jusqu’au bout (je ne suis pas prête à payer 30 euros pour m’inventer un rôle dans un roman policier) mais je trouve le concept rigolo. C’est le mot.

Feedbooks, c’est quoi ? pour qui ?

Posté dans laboratoire, publication avec des tags , , le 30 novembre 2008 par alice83

Je voudrais maintenant réfléchir à cet autre site : feebooks. Le principe est simple, et très séduisant, puisqu’il s’agit d’un site qui propose de télécharger des textes, et ce pour 6 supports différents : ePub, Mobipocket/Kindle, PDF, Sony Reader, iLiad, Custom PDF. D’emblée, il est clair que ce site se destine principalement aux eBooks et à ses utilisateurs, comme en témoigne la page d’accueil : un tiers de la page est consacré à la promotion commerciale de ces readers.

feedbooks_accueil

Ce n’est que plus tard que je me suis aperçue de l’autre utilisation possible, et en fait principale, de feedbooks : l’édition, ou quelque chose comme ça. Deux types d’édition sont proposés : la publication de ses propres textes ou la publication de textes du domaine public. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de faire le test, mais j’aurais aimé essayer de publier un morceau de texte dont l’auteur est encore en vie, afin de voir quelle était la réaction du serveur. De la même manière, puisque le téléchargement est gratuit, j’imagine qu’il n’y a aucune rétribution de la personne qui décide d’envoyer son texte.

En fait, feedbooks porte bien son nom, puisqu’il se nourrit de la collaboration gratuite et consentante des internautes. Non seulement par leurs propres productions, mais ce sont aussi eux qui font le travail de numérisation de textes publics.

Feedbooks peut ainsi être considéré à mi-chemin entre une “bibliothèque” numérique et un blog ou site perso pour l’autopublication. On notera cependant que, bien que les textes ne sont absolument pas destinés à exister sous la forme papier du livre, les textes sont présentés avec un visuel qui reprend celui d’une couverture ; il est d’ailleurs proposé à l’internaute publiant de personnaliser sa couverture. Comme si la représentation de la forme traditionnelle du livre suffisait à en faire un…

Y a-t-il un comité de lecture ? N’importe quel texte peut-il être édité (quid des écrits à caractère pornographique) ? Y a-t-il des relecteurs, correcteurs ?

Finalement, qui utilise feedbooks ? Et comment est-il financé ?

Les possibilités du numérique

Posté dans laboratoire avec des tags , le 25 novembre 2008 par alice83

Pour une réflexion sur les possibilités d’utilisation du numérique en littérature, voir un article très intéressant de Howard Becker ” Hypertext Fiction” : http://site.voila.fr/olivier.txt/articles/traductionbecker.htm

Blog de recherche et légitimité

Posté dans laboratoire avec des tags , , le 24 novembre 2008 par alice83

La question de la légitimité se pose en effet dans le cas des blogs de recherche. Mais elle rejoint ainsi selon moi la problématique plus générale dans laquelle se situe Sara Lloyd, à savoir celle de l’utilité de l’éditeur. Lire la suite »

Sara Lloyd, au-delà des apparences

Posté dans laboratoire, publication avec des tags , , le 24 novembre 2008 par florence84

Malgré ses nombreux défauts (sur lesquels je ne reviendrai pas ici), tout n’est pas à jeter dans le manifeste de Sara Lloyd qui a au moins le mérite de poser la vraie question du rôle de l’éditeur à l’heure du numérique et qui ouvre plusieurs voies relativement intéressantes à ce sujet : Lire la suite »

Industrie culturelle

Posté dans laboratoire avec des tags , le 23 novembre 2008 par georgthebrat

Je crois que je peux paraphraser Benoît Peeters ici : Si 90 % de n’importe quelle industrie culturelle est sans valeur, il faudrait faire attention, pour la littérature, que cette proportion ne passe pas à 95c%.

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Pour ceux qui préfèrent la VO

Posté dans laboratoire avec des tags , le 10 novembre 2008 par florence84

http://thedigitalist.net/?p=137

(le manifeste a été publié sur ce site en 6 parties)

Le manifeste de l’éditeur numérique de Sara Lloyd…premières (mauvaises) impressions

Posté dans laboratoire avec des tags , le 10 novembre 2008 par florence84

Un texte qui m’a laissée très perplexe à la première lecture… notamment “grâce” à la désastreuse traduction collaborative qui en est donnée sur le site “La feuille” (http://lafeuille.homo-numericus.net/2008/05/un-manifeste-de-lediteur-numerique.html). Lire la suite »

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